Vous êtes ici

Baptiste Audet : un GEM Alumni dans le cinéma

Publié le
22 Mars 2018

Geoffrey Quinet GEM ESC 2015 est allé à la rencontre de Baptiste Audet GEM MIB 2006, retour sur un parcours atypique…

Impliqué dans la vie associative de GEM, Baptiste Audet a surtout contribué aux projets de la Zone Art, ICO et Planètes.
Membre du jury de la 15e édition du festival Une Nuit trop courte, il réalise son premier court-métrage en 2011 à New-York - The Yellow Dress – puis travaille avec Pascale Pouzadoux, Line Renaud, Mélanie Laurent, Mathieu Kassovitz, Jean Rochefort, July Delpy, Patrice Lecomte et encore Jean-Paul Rappeneau…

Geoffrey – Avant de commencer, est-ce que Grenoble Ecole de Management te manque ?

Baptiste - GEM c’est une vie à part, toujours en plein bouillonnement, avec une ambiance et des rencontres internationales. La vie qui suit est une autre aventure. C’est difficile de rencontrer autant de personnes différentes en si peu de temps.

Tu as été membre de jury en 2018 de « Une Nuit Trop Courte », tu peux nous en parler ?

J’ai assisté à la naissance de ce festival de courts-métrages puisque j’avais été recruté pour travailler sur la première édition. Il faut garder à l’esprit que c’est un évènement étudiant, mais organisé avec passion. Depuis sa création, j’ai été trois fois membre du jury. Le festival existe toujours 15 ans après, et il continue d’intéresser le public et ceux qui font des courts-métrages. Je reviens toujours avec un grand plaisir.

Qu’est ce qui t’a poussé à suivre des formations complémentaires dans la musique et le cinéma après GEM ?

Dans la musique ou le cinéma, un manager est quelqu’un qui conseille, s’occupe des contrats, de l’environnement social et de l’état de l’artiste. Les artistes ont des profils complexes, avec des besoins particuliers.

Dans le MIB, l’accent est surtout mis sur le management et l’interculturel. Le cinéma est un rêve que j’ai toujours eu dans le coin de la tête. J’ai donc cherché à allier le management à l’assistance et la production artistique.

Comment le MIB a-t-il permis de nourrir ton parcours dans le cinéma ?

Un film est une entreprise, avec une existence bien plus courte, qui nécessite une recherche de financements. Aujourd’hui, on observe qu’il y a de moins en moins de profils qui apprennent sur le tas et de plus en plus de profils issus du droit et des grandes écoles de management telle que GEM.

Quels sont les 3 faits les plus marquants de ton passage à GEM ?

En arrivant à GEM pour la première fois, j’ai surtout été impressionné par le nombre d’étudiants et d’acteurs de l’école, dans un bâtiment vraiment moderne.

Les premiers mois, comme j’étais immergé dans un environnement international, seul Français de mon groupe, je me souviens m’être fait une réflexion en revenant à Lyon. Je me suis dit que j’étais content que Grenoble soit relativement proche de la France, avec cette impression de l’étranger. (rires)

Le 3e point important pour moi, c’est la vie associative extrêmement marquée et l’engagement qu’on peut avoir sur les projets. J’avais un pied à l’international, et l’autre dans le couloir des associations.

Tu as tourné un court-métrage à New-York (ndlr : The Yellow Dress) et travaillé à Paris. Qu’est-ce qui t’a motivé à te réinstaller à Lyon ?

Lyon, c’est la ville du 1er film de cinéma avec les Frères Lumière. Bien sûr, il y a Paris et l’Île-de-France, avec Lyon et Marseille qui se disputent le podium. La région Auvergne Rhône-Alpes est active dans le cinéma avec le Pôle Cinéma AuRA et le Pôle Pixel, qui regroupent des entreprises numériques, de l’audiovisuel et de l’accompagnement. C’est en train de se développer et il est donc intéressant d’être ici, pour ce qui se passe maintenant et pour le futur.

Quel est ton modèle dans le cinéma ?

J’ai été assez marqué par les films de Luc Besson, du Grand Bleu à Léon. J’aime l’esthétisme et les mouvements de caméra d’Akira Kurosawa. Mais je suis surtout un grand fan de Stanley Kubrick.

Ce que j’aime chez Stanley Kubrick, c’est qu’avant de faire du cinéma, il s’est intéressé à l’image en faisant de la photographie. Il a quitté le monde scolaire tôt pour travailler comme photographe pour un magazine. Ce qui lui a permis de créer et d’affirmer un style, d’acquérir  une connaissance de la construction de l’image qu’on retrouve dans chacun de ses films.

Quels seraient tes 3 conseils pour un GEMien qui voudrait se lancer dans le cinéma ?

Le premier conseil, c’est de connaitre les métiers avant d’en choisir un. Il existe plusieurs façons de faire du cinéma au-delà de la réalisation ou du jeu d’acteur. D’autres métiers, comme la production ou la distribution, nécessitent des compétences qu’on peut acquérir à GEM. Avec la dématérialisation et internet, on peut aujourd’hui produire et partager ses créations, sans contraintes économiques.

Le second, c’est de ne pas hésiter à faire des formations complémentaires, même courtes, qui permettront d’être à l’aise dans son domaine et peuvent ouvrir des portes qui donnent accès au monde du cinéma. Elles permettent d’avoir des stages conventionnés et de travailler sur des projets concrets, comme un long-métrage.

Le troisième, ce serait de multiplier les occasions. Une porte assez facile à ouvrir est celle de la figuration, ce qu’il faut avoir fait au moins une fois si on est passionné de cinéma. Cela demande beaucoup de patience et peut se résumer à des scènes simples. Mais c’est une vraie chance d’observer et apprendre comment ce monde fonctionne, de prendre ses marques et développer un réseau. Ceux qui gèrent les figurants gèrent souvent les petits rôles, c’est autant d’opportunités à saisir.

Tu as tes habitudes pour profiter pleinement du Printemps du Cinéma ?

Il est important de bien se préparer à l’avance comme pour un festival, de bien choisir ses séances et surtout de varier les styles de films. Il y a de plus en plus de films étrangers en VO et c’est l’occasion de leur donner une chance, d’autant plus qu’ils n’ont pas les mêmes budgets de publicité que les blockbusters.

Tu travailles aussi dans le marketing digital. Est-ce que tu comptes allier ce domaine avec le cinéma ?

J’ai pour ambition de raconter des histoires, de réaliser. Il n’y a maintenant plus aucun secteur qui ne soit concerné par le digital, avec ses nouveaux métiers, outils et pratiques. Cette double casquette, avec le management, me permet de mieux penser la production et la distribution. Peut-être aussi une autre façon de travailler dans le cinéma, à défaut de réaliser.

Quel lien conserves-tu avec GEM ?

GEM un jour, GEM toujours. Mon expérience à l’école a été forte, humainement et en terme de formation. Il y aura toujours une connexion personnelle, même si je suis l’actualité d’un peu loin sur les réseaux sociaux…

Tu connais bien le réseau GEM Alumni ?

A ma sortie en 2006, le réseau était encore en construction mais je suis ravi de voir que ça se développe. J’ai rencontré des Alumni sur le campus parisien, qui n’existait pas à l’époque. Tout ça me reconnecte à l’école et je serais heureux de pouvoir apporter moi aussi quelque chose au réseau, à mon niveau.

Comment vois-tu GEM dans les 10 prochaines années ?

Ce qui marque l’école par rapport à d’autres, c’est son développement rapide, avec une réussite dans les domaines dans lesquels elle s’est affirmée. Il y a des qualités et des forces qui font l’ADN de GEM et j’espère que l’école poursuivra dans cette voie-là. Il est important que l’école soit bien implantée dans son environnement économique, dans sa région et qu’elle participe aussi à créer son avenir.

Un mot de la fin ?

Ne jamais laisser tomber et mettre en place les conditions de la réussite, se préparer. La première étape pour ses rêves, c’est de les garder. Il faut apprendre à rater, parfois. Mais les gagnants sont toujours ceux qui n’ont pas peur d’échouer. C’est même à cela qu’on les reconnait!

Cela pourrait vous intéresser