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Neila Latrous, rédactrice en chef Maghreb Moyen Orient de Jeune Afrique

Publié le
08 Mars 2019

Grenoble Ecole de Management, LCI, TF1, C8 du groupe Canal+, BFM TV… A 32 ans, la jeune journaliste témoigne d’un parcours hors norme sur le marché très concurrentiel du journalisme politique.

Une stratégie de montée en gamme journalistique !

Comment devient-on à 32 ans, quand on est une femme, rédactrice en chef Maghreb Moyen Orient de l’hebdomadaire Jeune Afrique ? Neila Latrous rompt avec tous les clichés, et témoigne d’une capacité d’adaptation hors norme sur le marché très concurrentiel du journalisme politique. Regard sur une « stratégie de niche » personnelle et professionnelle.

Le voyage forme la jeunesse et la pratique… Neila maîtrise l’anglais, l’arabe et le français. Elle est née à Lille, est partie vivre en Algérie à l’âge de quatre ans, puis en Tunisie, à cinq ans, le pays de naissance de sa mère. Elle revient à Lille à 18 ans, et intègre Grenoble Ecole de Management à 20 ans. Douze ans plus tard, sa vie oscille toujours entre Paris, Tunis et Alger. Neila relève par-dessus-tout le modèle d’identification qu’a constitué sa mère. « Etrangère en Tunisie, car elle y est née de parents algériens, ma mère fut l’une des premières femmes doctorantes, en Algérie. Chimiste... Je l’ai toujours entendu me dire : un gaz, cela prend la place qu’on lui donne. Depuis lors, j’ai gardé en tête qu’il est bien de prendre toute la place (et tous les postes !) que l’on peut occuper… ».

 

Se construire un parcours dédié.

« J’ai souhaité devenir journaliste à l’adolescence. Choisir GEM a constitué un choix de raison. A 18 ans, il me fallait une formation solide pour pouvoir travailler, en France, dans le secteur des médias, explique Neila Latrous. A GEM, la pratique de l’oralité, les mises en situation et les apprentissages dans le champ de la communication, du management et du webmarketing, m’ont permis de sortir des chemins tout tracés, de parler et de me positionner différemment pour me faire une place. »

Après deux années de « prépa », Neila intègre GEM et se construit un parcours dédié. Première jalon, elle s’engage activement à la tribune de l’école - GEM en Débat - qui organise des conférences en lien avec des partenaires institutionnels, des personnalités du monde politique et économique. Et s’investit en même temps dans le journal de l’école. « La seconde marche fut le stage en fin de première année, suivi d’un contrat en alternance en seconde année au sein de l’équipe de rédaction du site web Féminin Bio. J’ai valorisé mes acquis en web marketing, » précise-t-elle.

 

LCI du groupe TF1

En 2008, la troisième marche, décisive, est l’intégration de LCI, la chaîne d’information continue du groupe TF1 durant l’année de césure entre la seconde et la troisième année à GEM. « Ma mission consistait à contacter et programmer l’intervention des personnalités politiques. Je disposais à ce moment-là d’un carnet d’adresses bien rempli, puisque j’avais déjà contacté une bonne partie de ces personnalités à la tribune de GEM… » Cette première année à LCI est charnière : la chaîne payante est confrontée à l’arrivée de BFM TV sur les canaux gratuits. « Il s’agissait pour LCI de réduire la voilure en termes de coûts. Je me suis donc montrée très volontaire et très enthousiaste ! Il me fallait faire ma place, et compenser ainsi l’école de journalisme que je n’avais pas faite. » Banco ! Neila décroche une chronique à la matinale weekend. Et combine, en troisième année, le métier d’intervieweuse politique sur LCI Radio dans l’émission « L’Arène des Piques ».

Neila se dédie parallèlement à son métier de journaliste politique à l’écriture d’enquêtes politiques – un pari qui lui semblait un peu fou au démarrage –, et qui aboutit à deux publications : « UMP un univers impitoyable » et « Bal tragique à l’UMP ».

 

TFI. Consécration aux côtés de Laurence Ferrari

« En 2012, TF1 m’a proposé d’assurer des remplacements, en tant qu’assistante-présentateur (trice). Cette fonction consiste à vérifier, en amont, l’intégralité des informations énoncées par le présentateur (trice) lors du JT. J’ai travaillé aux côté de Jean-Pierre Pernaud, Claire Chazal et… Laurence Ferrari, avec laquelle je partage la même passion pour la vie politique. Ce fut une rencontre décisive, puisqu’elle m’a associé à la préparation de toutes les interviews politiques qu’elle était amenée à faire. J’ai connu la machine de guerre « TF1 », en période électorale. Une excellente école. » En 2012, Laurence Ferrari démissionne du JT de TF1. Naturellement, Neila la suit au sein du groupe Canal+. « J’ai quitté un CDI pour un CDD sur C8, où je suis devenue journaliste dans une émission, Le Grand 8, progressivement devenue un show de divertissement. L’expérience me permet de me remettre en cause professionnellement et de questionner mes envies. »

 

Incursion professionnelle dans le monde arabe

En janvier 2013, un attentat d’ampleur se produit dans le sud algérien, à In Amenas. Puis le Président Bouteflika est victime d’une attaque cérébrale au printemps. Détentrice du passeport algérien, Neïla se décide en juillet à partir pour Alger comme journaliste freelance. Elle constate sur place l’énorme pénurie de correspondants de presse étrangère. « Nous étions une poignée. Je décide donc de créer ma boite de production, en Algérie. Je travaille pour BFM TV, TF1, France 2, France 3, LCI, Europe 1, RTL, la RTBF, Radio Canada, Radio Vatican… ». Et devient incontournable dans le traitement de l’actualité algérienne. « Je me suis trompée, j’ai raté des interviews, je n’ai pas toujours été réactive… mais j’ai appris ! » Avant de revenir en France, en 2015, sur la politique intérieure chez BFM TV, où Neila assure des missions transversales - FN, Insoumis, Elysée, Matignon et Parlement. Elle suit la campagne législative de Jean-Luc Mélenchon en 2017, et celle de Marine Le Pen à la présidentielle de 2017.

Depuis mai 2018, Neila est rédactrice en chef Maghreb Moyen Orient de l’hebdomadaire Jeune Afrique. Elle est responsable du contenu éditorial de 14 pages hebdomadaires, consacrées au monde arabe, commande et valide les sujets publiés sur le site Internet, et pilote une équipe de journalistes en assurant le suivi de la production éditoriale.

 

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