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Timothée Nalet : chasseur d'images !

Publié le
02 Mai 2019

Les beaux jours qui arrivent, c’est le timing parfait pour prendre un bon bol d’air ! C’est ce que nous propose aujourd’hui Timothée Nalet, GEM ESC 2011, un amoureux fou de la nature et d’activités outdoor, qui nous embarque dans son aventure « Peignée Verticale ». C’est le nom de l’agence de création de contenus qu’il a fondée, les deux pieds définitivement ancrés en montagne, son espace de jeu favori. Plus le terrain est accidenté, plus il aime - plus l’événement à couvrir est exigeant, plus son équipe est motivée.

Découvrez le parcours atypique de Timothée, GEMien passionné et entrepreneur qui ne ménage pas ses efforts : c’est à la sueur de son front que ce chasseur d’images gagne ses plus belles prises.

Propos recueillis par Sébastien Aussal, GEM ESC 2007 et coordinateur Buzz Squad.

Sébastien : Bonjour Timothée et merci d’avoir accepté le jeu de l’interview pour #GEMAlumni. Peux-tu tout d’abord nous raconter les grandes lignes de ton parcours au sein de l’école ?

Timothée : Le début de mon parcours n’a pas vraiment été atypique ! Arrivé de classe prépa, puis cursus classique en première année. J’ai ensuite choisi de m’engager dans un parcours associatif au sein du Bureau des Sports et de partir en année de césure chez Salomon à Annecy. J’avais en charge des missions de communication B2C et surtout l’organisation des shootings photos avec les photographes pros, du repérage des lieux jusqu’au recrutement des modèles, ce qui a posé les premiers jalons de ce qu’allait ensuite devenir « Peignée Verticale ». Je suis ensuite parti 5 mois en échange universitaire à Bergen en Norvège et j’ai enfin achevé mon dernier semestre de 3ème année avec un cursus English Track.

Qu’as-tu retenu de ton expérience chez Salomon ? Pourquoi est-ce que cette expérience a joué un rôle important dans le début de ta carrière ?

Timothée : Depuis que je suis tout petit, j’avais l’habitude de partir avec mes parents au ski à « Serre Che », à côté de Grenoble. Quand j’ai cherché une entreprise pour ma césure, je ciblais en priorité des entreprises dans les sports outdoor puisque j’étais au BDS et j’étais plus intéressé par des missions sur le terrain que derrière un bureau. Salomon est une référence du sport outdoor français et réunissait l’ensemble des critères que j’avais en tête. J’ai adoré cette expérience d’organisation des shootings photos car c’était très transverse : beaucoup d’opérationnel, un rôle de coordination interne pour sourcer les besoins de chaque département, de la prospection à l’extérieur pour trouver les modèles qui correspondaient aux messages que l’on voulait transmettre… J’avais toujours eu un penchant pour la photo mais cet aspect pluridisciplinaire a été un gros déclencheur : j’ai commencé à pouvoir me dire que je pouvais faire de l’image un vrai métier et je n’ai ensuite jamais arrêté de shooter…

Tu as enchaîné avec ton premier « vrai » boulot, hors stage, et ces deux premières années n’ont pas été les plus linéaires pour toi. Peux-tu nous raconter ?   

Timothée : Après la fin de mon parcours à GEM, j’ai été embauché chez Raidlight, une société française de vêtements et accessoires d’outdoor qui venait de s’implanter en Chartreuse. Sur le papier, le boulot me faisait rêver car il fallait gérer une station de trail (la première du nom). J’étais bon coureur et j’avais déjà réalisé un tour intégral du Vercors en courant, qui m’avait donné une bonne visibilité locale. Du coup, cela a probablement facilité mon embauche. Mais des conflits d’intérêt internes et un job finalement très monotone m’ont fait quelque peu déchanter. Je n’étais pas fait pour le poste ! Le bon côté est que pendant toute cette période, j’ai toujours continué à faire des images (photos et vidéos) et donc perfectionner mes compétences dans le domaine. J’ai rebondi début 2012 en tant que Business Developer chez GoodPeopleRun, une start-up qui proposait un réseau social autour de la course à pied. Après une levée de fonds conséquente mais aussi une gestion quelque peu ambitieuse par rapport à la réalité du marché, la start-up n’a malheureusement pas pu tenir la distance ! Je suis resté jusqu’à la fin et c’est justement une des étapes les plus dures dans ce type d’expériences entrepreneuriales : être lucide sur le potentiel économique de la structure, savoir dire stop et se rendre compte qu’il faut quitter le bateau avant de couler complètement. 

La prochaine étape se trouve de l’autre côté de la frontière… Début 2014, tu t’installes à Genève chez Blue-Infinity, une SSII qui avait aussi un département de marketing digital en forte croissance…

Timothée : Je suis passé sans transition d’un petit bureau sous des combles à une grosse agence de 100 personnes, le choc a été un peu rude. Je travaillais en tant que chef de projet et comme j’étais un peu épuisé nerveusement suite à mon expérience start-up, je voulais profiter un peu plus de la vie. J’ai alors signé un contrat à 80%. Mais très vite, cette journée libre dans ma semaine s’est transformée en journée de contrats photos et vidéos. Au lieu de travailler 4 jours par semaine, j’ai rapidement travaillé 5, 6 puis 7 jours par semaine ! Au bout d’un an, j’ai signé un gros contrat de production d’images via un appel d’offre de l’Office du Tourisme des Sources du Lac d’Annecy et il a fallu que je sois davantage disponible : j’ai eu la chance de pouvoir réduire mon temps chez Blue Infinity à 2 jours par semaine afin de pouvoir travailler les 5 jours restants à mon compte.

En quoi consistait cette nouvelle mission dans la région d’Annecy ?   

Timothée : Il fallait que je shoote pendant 30 jours sur une période de 12 mois. Ce territoire comprend beaucoup de villes et villages et un panel d’activités outdoor très différentes à couvrir : ski alpin, ski de fond, randonnée, VTT, avec aussi des hébergements et restaurants à promouvoir… Leur base photos était encore assez pauvre et il fallait donc créer beaucoup de choses. Cela a été très formateur pour moi et quand j’ai remporté cet appel d’offres, j’ai été aussi contraint à fonder une société… C’est donc la demande de ce client qui m’a permis d’accélérer les choses, de quitter définitivement mon activité salariée à Genève en juillet 2015 et de quitter également mon statut d’auto-entrepreneur pour créer ma propre structure.

T’es-tu mis en situation de risque à ce moment-là ?

Timothée : Le plus gros risque, surtout pour ma santé, c’est que je ne pouvais pas mener de front mon activité salariée chez Blue Infinity et honorer mes contrats image en même temps. Je bossais tous les jours et même une partie de mes nuits. Il y a eu une période où ce n’était vraiment plus viable. J’ai donc décidé de passer 100% de mon temps sur ma propre structure mais l’activité était déjà bien lancée puisque j’avais signé avec d’autres clients et j’avais aussi en tête des prospects sérieux pour d’autres contrats… L’affaire était donc économiquement viable mais on ne sait jamais : on se demande toujours comment on va pouvoir tenir, pérenniser nos relations avec les clients pour pouvoir construire des bases solides et dépasser cet effet de mode de la nouveauté.

Comment se passe justement cette phase d’accélération pour ta propre société ? L’énergie que tu y mets est-elle récompensée ?

Timothée : Dès le premier été, j’étais tellement surbooké que j’ai recruté mon premier alternant en septembre 2015 et cette phase a été le réel envol de « Peignée Verticale ». Au bout de quelques mois, j’ai eu la chance de mener plusieurs missions pour la chaîne d’optique Suisse Visilab, qui avait pour ambassadrice la skieuse de classe mondiale Lara Gut… La marque de chaussures Hoka One One m’a également fait confiance depuis mes débuts, en 2013. Tout s’est enchaîné assez rapidement à mesure que les projets affluaient. De plus, le business model est moins risqué dans ce milieu que pour d’autres corps de métiers : avec un investissement matériel raisonnable, je pouvais commencer à shooter de très belles images et répondre aux exigences de mes premiers clients. J’ai recruté depuis 1 salarié par an pour répondre à l’augmentation de notre activité.

D’où vient le terme de « Peignée Verticale » qui baptise ton agence ? 

Timothée : J’ai toujours beaucoup couru et participé à des grands événements de running/trail. A partir de février 2010, j’ai tenu un blog qui était mon journal de courses, sur lequel je publiais mes articles et mes images de sorties en montagne ou de voyages. J’avais une petite communauté d’environ 2 000 membres sur les réseaux sociaux. Dès le départ, mon blog s’est appelé « Peignée Verticale », référence à l’expression populaire « se mettre une bonne peignée ! » qui sous-entend qu’on va passer une grosse journée à brûler des calories sur les pentes avant de rentrer crevé et heureux dans la vallée. Ainsi j’ai pu construire une communauté autour de mes propres expériences running ou trail et j’ai pu faire la transition en parlant aussi de mes premières missions pros et de mes premiers clients. Nous ne sommes pas aujourd’hui considérés comme des influenceurs sur les réseaux sociaux, loin de là, mais nous avons réuni une communauté de plus de 6 000 personnes, assez locale et surtout très bienveillante, alignée sur nos propres valeurs.

Raconte-nous le développement de ta société depuis cette première année…

Timothée : Nous avons investi dans du matériel de plus grande qualité pour répondre à des demandes de plus en plus exigeantes. Nous scénarisons davantage nos productions et nous soumettons davantage d’idées créatives à nos clients. Nous produisons également plus de contenus hors contrats pour montrer ce que l’on sait faire, tout simplement. Vis-à-vis de mes clients, je ne souhaite pas uniquement montrer ce que l’on nous a demandé de faire, mais montrer des projets plus personnels qui définissent aussi l’ADN de « Peignée Verticale ». 

Que peut-on maintenant souhaiter à ton agence ?

Timothée : Nous sommes en perpétuelle évolution : nous avons déménagé dans de plus grands bureaux avec une agence de conseil en marketing outdoor : même si les deux sociétés sont séparées, elles sont très complémentaires et nous essayons de grandir ensemble. L’équipe de « Peignée Verticale » est constituée maintenant de 4 personnes et je nous souhaite de grandir encore, sans avoir les yeux plus gros que le ventre bien sûr ! Il nous manque encore des compétences spécifiques en interne. Que l’on continue aussi ce qui fait notre légitimité, c’est-à-dire être capable de shooter à skis sur une pente de 45 degrés ou de courir plusieurs heures avec une caméra. Ce qui m’anime, c’est de pouvoir continuer à réunir une équipe de passionné(e)s pour pouvoir partager de belles émotions sur tous les terrains, que ce soit en courant, en roulant, en volant…

Toute l’équipe de la Buzz Squad souhaite à Timothée Nalet et toute son équipe un maximum de succès pour la suite de leur parcours, jalonnée de magnifiques images comme celles que nous publions avec cette interview !

Vous pouvez les retrouver et les contacter sur le site de l’agence

Ou sur leurs réseaux sociaux : Facebook / Twitter / Instagram / Linkedin

Voici enfin un court aperçu de ce qu’ils savent faire, on en prend plein les yeux : voir la video.

Bon vent jusqu’aux sommets !

 

Crédit © Peignée Verticale.

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